Soirée débat avec Tiphaine Lagarde et Ceylan Cirik

60 places maximum
Réservation obligatoire par email  : lapalanchedaulac@gmail.com
ou par Facebook : https://www.facebook.com/events/2248438398716622/ (se mettre en « Participe »)

Déroulement
Présentation du sujet par les intervenants puis débat
Dîner à partir de 18h30 /19h pour ceux et celles qui veulent avec échanges et construction d’idées à chaque table.
Puis reprise du débat avec les intervenants.

Présentation :
Face à la croissance exponentielle de l’exploitation animale à l’échelle mondiale, l’absence d’avancée significative sur le statut social et juridique des individus non-humains et la sévère répression judiciaire qui frappe (déjà) les activistes pratiquant la désobéissance civile pourtant pacifiste, notre lutte contre le spécisme peut et doit-elle rester non-violente ? La violence pourrait-elle constituer un moyen d’action efficace pour l’avenir ?
Tout commence par une question de vocabulaire. Violence, non-violence, pacifisme, légitime défense… Si l’usage de ces mots semble galvaudé dans le répertoire stratégique, il est urgent d’engager une réflexion de fond sur ce que nous entendons par ces termes et pourquoi certains d’entre eux sonnent comme des tabous. Mais au-delà de la définition commune que l’on donne au terme « violence », il s’agit de savoir qui, dans notre société, possède le pouvoir de définir ce qui est violent et ce qui ne l’est pas, qui maîtrise cette faculté de répartition de nos actes en deux catégories. Bien sûr, la violence, définie de façon adéquate, est un mal et dans l’idéal, elle devrait n’avoir aucune part dans la façon dont les individus interagissent. Toutefois au regard des faibles résultats concrets obtenus par le mouvement animaliste, se pose de manière pragmatique, la question de savoir si des stratégies présentées comme « violentes » peuvent conduire à davantage d’efficacité. On ne peut nier que la plupart des grandes révolutions se sont faites dans la violence et, le plus souvent, celle-ci s’est exprimée à cause de l’insuffisance et de l’inefficacité des méthodes plus pacifistes. Comment croire encore au pacifisme, quand les mouvements de justice sociale sont méprisés et ignorés du pouvoir comme des grands médias, quand les manifestations n’ont plus aucun impact ou quand les occupations de sites stratégiques sont réprimées à coup de peines d’emprisonnement ? Beaucoup perdent aujourd’hui confiance en la lutte « institutionnelle », légale et pacifiste et en viennent à la considérer inefficace à force de mépris et de répression.
Un premier constat s’impose : si nous légitimons majoritairement l’usage de la violence au sein de luttes humaines (de préférence « lointaines » géographiquement parlant, exotisation de la violence oblige…), nous la condamnons systématiquement lorsqu’elle s’exerce au profit des individus non-humains. Il suffit pour s’en convaincre de constater comment sont décriés (et au sein même du milieu animaliste) les modes d’action jugés plus radicaux. Balayés d’un revers de main grâce au mot magique employé partout et à son interprétation effrayante relevant plus du fantasme de chacun que d’une réelle définition, celui d’« extrémistes », on peine à sortir des sentiers battus en ce domaine.
Dès lors, la question mérite d’être posée : la non-violence est-elle en soi une posture de privilégiés humains (ne subissant pas l’oppression spéciste) ? La non-violence est-elle spéciste ? Il y aurait beaucoup à dire sur ce culte du pacifisme que l’intégralité du mouvement antispéciste prône comme un dogme stratégique et moral. Ce sont ces questions qui seront abordées lors d’une conférence-débat dispensée par les deux fondateurs de l’association 269Life Libération Animale. Ils reviendront sur la définition, la légitimité et la nécessité de la violence au sein de la lutte contre le spécisme. Aujourd’hui criminalisés par la justice et volontiers taxés par les tribunaux de « militants violents » pour leurs actions de blocage et de libération menées dans les abattoirs, ils affrontent une lourde répression judiciaire et étatique qui en dit long sur les inquiétudes que soulèvent un activisme plus offensif visant directement l’industrie de l’exploitation animale.

Bibliographie :
– Elsa DORLIN, « Se défendre. Une philosophie de la violence », éd. La Découverte, 2016.
– Günther ANDERS, « La violence : oui ou non. Une discussion nécessaire », éd. Fario, 2014.
– Peter GELDERLOOS, « How Nonviolence protects the State », 2007.
– Philippe BRAUD, « La violence politique : repères et problèmes », Cultures & Conflits, 09-10, printemps-été 1993 : http://journals.openedition.org/conflits/406
– Steven BEST, « Paralysie du pacifisme. Une défense de l’action directe « militante » et de la violence », Les Cahiers Antispécistes : http://www.cahiers-antispecistes.org/paralysie-du-pacifisme/

Présentation des intervenants :
Tiphaine Lagarde & Ceylan Cirik sont les deux dirigeants de l’association 269Life Libération Animale qui lutte contre l’exploitation animale et pratique un activisme politique s’inscrivant dans un combat plus général contre toutes les formes de discrimination (spécisme, racisme, sexisme). Ces derniers mois, elle s’est faite connaître du grand public en initiant des opérations de désobéissance civile dans les abattoirs, sièges sociaux des grands groupes de l’agroalimentaire et événements dédiés à la promotion de l’élevage ; en organisant les « Nuits Debout devant les abattoirs » qui ont rassemblé plus de 2.500 activistes du monde entier le 26 septembre dernier. Elle est surtout la première association animaliste française à avoir importé, au sein de la lutte antispéciste, la désobéissance civile de masse comme mode d’interpellation politique. Ce nouvel activisme plus offensif à l’égard des industries du secteur et visant directement les institutions sociales et économiques (et non plus seulement les consommateurs) lui vaut aujourd’hui une sévère répression judiciaire. Déjà condamnés à deux reprises à des peines de prison avec sursis, les deux fondateurs sont confrontés à un acharnement judiciaire et politique d’une rare intensité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *